Le pardon
Ce n’est pas par hasard que l
’une des quatre bougies que nous éclairons sur la couronne de l’avent se nomme ainsi.
En cette période de veille, de prise de conscience, de toilette de notre âme, nous avons besoin d’outils : et le pardon en est un excellent…et fondamental !
Pardonner peut sembler inutile, il faut souvent un peu creuser pour se rendre compte qu’on a tous un travail de pardon à accomplir envers d’autres et aussi envers soi-même.
Pardonner peut sembler facile, pourtant il ne suffit pas de prononcer des mots.
Pardonner peut sembler impossible, c’est pourtant une absolue nécessité..
Pourquoi ?
Évidemment lorsque quelqu’un vous bouscule et vous demande pardon, c’est facile de répondre presque automatiquement : « c’est oublié ».
Mais lorsqu’on vous a fait du mal, physiquement ou moralement, lorsque parfois vous découvrez ce mal ou ses conséquences bien plus tard, comment ne pas en vouloir à ceux qui vous l’ont infligé ?
Il faudrait ne pas être humain. Saint, peut-être, et encore…
Non, il est tout à fait normal d’éprouver de la colère, de la rancœur envers des personnes qui nous ont blessés, mais toute la puissance du pardon consiste à dépasser cette phase pour ne pas ajouter au mal qu’on nous a fait le mal que cette rancoeur nous inflige.
Car ruminer son ressentiment, vouloir se venger, c’est comme boire un verre de poison à chaque fois.
Pardonner, ce n’est pas qu’un mot, c’est un travail de longue haleine, une marche vers la liberté.
Il faut avoir le courage de considérer que le passé est passé, qu’on ne peut pas revenir en arrière et faire l’inventaire de ce dont on dispose pour que l’avenir soit radieux, y compris la tenue à distance ou au moins la circonspection vis-à-vis de « l’autre » (dire « ennemi » induit une proximité, en fait il ne fait plus partie de ma vie).
Il faut aussi avoir le courage de l’humilité, oser reconnaitre qu’on a soi-même pu faire du mal, même involontairement, même sans en avoir conscience. Préfère-t-on que ces personnes nous pardonnent ou qu’elles nous maudissent ? Et si eux sont capables de pardonner, pourquoi ne le serions-nous pas ?
Charité bien ordonnée commence par soi-même ; même si on ne s’en rend pas compte, on a des tas de choses à se pardonner à soi-même. Et c’est un excellent exercice, car face à nous-même nous allons invoquer des excuses, des explications, chercher à adoucir la faute. C’est exactement la démarche à avoir envers les personnes à qui nous devons pardonner : la compassion.
Savoir pardonner
C’est le titre d’un ouvrage sur le Dalaï Lama.
Cet homme est universellement respecté pour sa sagesse. Et il est notre contemporain ; son regard porte sur des choses que nous connaissons.
C’est le point de vue de quelqu’un qui a été obligé de s’exiler et dont le peuple est persécuté ; question pardon, ce n’est pas une paille.
Que dit-il ? Simplement ceci : chaque action de chaque être humain n’a pour moteur que l’amour, celui qu’on donne ou celui qu’on aspire à recevoir.
En conséquence, les chinois qui mettent la misère aux tibétains sont plus à plaindre qu’à blâmer car ils n’ont trouvé que ce moyen de se faire aimer !
Et le Dalaï Lama va plus loin, il a créé pour eux une nouvelle catégorie d’amis ;
il les appelle ses amis sacrés et il leur est reconnaissant.
Pourquoi ? Parce qu’ils sont si difficiles à aimer qu’ils le poussent à devenir meilleur.
Chapeau, Sa Sainteté !